Si l’on en croit une enquête menée par le prestataire de services en ressources humaines Randstad Research, les Belges voient plutôt d'un mauvais œil la migration, sauf si elle est motivée par le travail ou un regroupement familial. Quelque 60% des Belges seraient en faveur d’une migration pour le travail, mais nombre de citoyens estiment que la politique d’immigration peut être plus sévère. L’étude intitulée "A la recherche d'un consensus social sur la migration" et préparée avec la collaboration du sociologue Mark Elchardus (VUB) a été effectuée auprès de plus de 3.000 répondants.
Le Belge plutôt favorable à la migration, pour le travail et le regroupement familial
De manière générale, le jugement porté sur l'immigration serait plutôt négatif en Belgique: 60% des personnes interrogées estiment que les migrants coûtent plus qu'ils ne rapportent. Quelque 39% des Belges trouvent que le pays n’a pas beaucoup bénéficié de l’immigration ces 50 dernières années et 67% des personnes interrogées sont d’avis que les frontières devraient être mieux surveillées.
En revanche, lorsque la migration est motivée par le travail, elle suscite une opinion nettement plus positive. Si les migrants occupent un emploi et font dès lors moins appel à la sécurité sociale ou à l'aide sociale, les ressentiments et inquiétudes s'estompent fortement. La migration pour répondre aux pénuries sur le marché du travail est ainsi approuvée par 60% des répondants et à peine 12% n'y sont pas favorables.
En outre, à peine 16% des personnes interrogées rejettent la migration pour cause de regroupement familial. Mais certains estiment que le regroupement familial devrait être soumis à des conditions (parcours d'intégration obligatoire, meilleure connaissance de la langue, avoir travaillé au moins quatre ans...).
Enfin, 51% des personnes interrogées dans le cadre de l'étude de Ranstdad estiment que toute personne qui demande l'asile en Belgique et y a droit doit pouvoir rester dans le pays et être protégée. Seuls 17% ne sont pas de cet avis, "ce qui dénote un consensus encore relativement solide", observe le spécialiste des ressources humaines.
Il ressort encore de l'enquête, selon Randstad, qu'il existerait en Belgique "un large consensus en faveur d'une approche plus sévère de la migration illégale." "Les femmes, les diplômés du supérieur, les jeunes et les francophones sont globalement plus positifs ou moins négatifs à l'égard de la migration. Ceux qui portent un regard plus pessimiste sur le monde et n'entrevoient pas d'évolution positive dans leur avenir ni celui de la société, considèrent la migration d'un œil plus négatif", observe encore Randstad.
