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Une frite mayo fricadelle? Les commandes dans nos friteries jusqu’à 20% plus chères

Si vous êtes un(e) habitué(e) des friteries belges, vous aurez constaté ces derniers mois que votre commande préférée vous coûte un peu plus cher. Le prix des frites, boulettes et autres fricadelles a en effet progressivement augmenté de 10 à 20%. En cause, les prix élevés d’énergie et des matières premières, qui font souffrir les gérants des "frietkots" belges. "Le prix de la mayonnaise s’est multiplié par 3, celui de notre huile de friteuse par 2 et demi. Ce n’est plus normal", s’écriait l’un d’eux au micro de VRT NWS.

Anne François
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L’Union nationale de frituristes Navefri confirme ce que les consommateurs ont constaté en commandant les pommes de terre frites : "Selon nos estimations, le prix d’une commande a augmenté de 10 à 20%", indique le président Bernard Lefèvre. "Alors qu’un paquet de frites moyen coutait entre 2 et 3 euros, son prix se situe maintenant entre 2,5 et 3,5 euros. Les prix des snacks vendus dans les friteries sont grimpés encore davantage, parce que la chaine de matières premières jusqu’à la friterie est plus longue que pour les pommes de terre".

Cependant, "une friterie n’est pas l’autre. Un petit paquet chez l’un correspond à un paquet moyen chez l’autre, et inversement. Et les prix n’ont pas augmenté partout au même moment ou dans une même mesure", souligne Bernard Lefèvre. Et d’ailleurs il n’y a pas que les matières premières qui déterminent le prix du cornet de frites ou de la fricadelle, il y a aussi l’électricité et le gaz, dont les prix ont augmenté de 80 à 130% au cours de l’année écoulée.

"Sans gaz, on ne peut cuire des frites", explique le président des frituristes. "Ceux qui ont encore un ancien contrat à tarif fixe peuvent éventuellement encore maintenir leurs prix, mais ceux qui ont vu subitement leurs factures exploser doivent prendre une contribution chez le client". D’autant plus que tout ce que le frituriste doit acheter a augmenté de prix. "Notre mayonnaise a triplé de prix, l’huile pour la friteuse est deux fois et demies plus chère. Ce n’est pas normal", estimait Marc Asselberghs de la friterie De Volle Frietzak (vidéo).

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La hausse des prix des matières premières se constate aussi aux chiffres récents de l’inflation. Les pommes de terre sont devenues 9,2% plus chères au cours de l’année écoulée, les épices et la viande ont augmenté de 10,2%, et les huiles - comme celle pour la friture - ont vu leur prix grimper de 36,9%. "Quand on sait qu’une inflation normale se situe un peu en-dessous de 2% et que toutes les entreprises ajustent leurs prix en fonction des coûts élevés, il est logique que les friteries n’ont pu que suivre le mouvement", indique Stijn Baert, membre de la commission de l’index qui suit l’évolution de très près.

"Chaque fournisseur de la chaine de production est confronté à des coûts qui augmentent", indique Lefèvre. "Pensez au coût de l’énergie ou aux frais de transport. Du prix d’un sachet de frites, un tiers va au fournisseur qui achète les pommes de terre au cultivateur puis les lave, les emballe, les transforme et les transporte. Chacun inclut une partie de ses coûts accrus dans le prix du maillon suivant de la chaine de fabrication. A la fin du processus, le consommateur paie effectivement davantage. C’est comme cela partout, mais le prix d’un paquet de frites est symboliquement plus difficile à avaler que celui d’une paire de chaussures".

"Certains frituristes n’osent pas augmenter leurs prix"

Certains frituristes n’osent pas modifier leurs prix. Ils préfèrent économiser sur leurs coûts : moins d’heures d’ouverture, éteindre autant que possible tous leurs appareils. "Nous avons éteint le réfrigérateur. Cela nous permet d’économiser quelque 200 euros par mois", constate Marc Asselberghs.

Le risque que les prix continuent à augmenter est bien réel. "En janvier, les salaires du personnel de l’Horeca vont augmenter", analyse le professeur Baert. "Les friteries qui travaillent avec du personnel vont voir leurs coûts nettement augmenter. Mais il se pourrait qu’elles anticipent déjà ce moment".

Difficile de dire si l’augmentation des prix va nous éloigner des friteries. Il se pourrait aussi, justement, que les consommateurs se rendront moins souvent au restaurant et plus souvent à la friterie, suggère l’Union nationale des frituristes. "Et soyons honnêtes : 3,5 euros pour un paquet de frites, cela reste raisonnable. Les pommes de terre sont d’excellente qualité, ce qui rend les frites d’autant plus succulentes".

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