La ministre flamande de l'Environnement (photo) a annoncé vendredi qu’elle ne participera pas physiquement à la 27e conférence mondiale de l'ONU sur le climat prévue du 6 au 18 novembre à Charm-el-Cheikh (Egypte). Zuhal Demir invoque la situation des droits de l'homme dans ce pays, qu’elle qualifie de "misérables". Elle compte par contre participer aux négociations par voie numérique, à distance. L’organisation environnementale Greenpeace affirme comprendre les raisons de la décision de la ministre Demir, mais estime qu’elle donne un mauvais signal en ne se rendant pas en Egypte.
Zuhal Demir n’ira pas à la COP27 en Egypte : "Les droits de l’homme y sont à peine mieux respectés qu’au Qatar"
Selon un tour de rôle convenu entre les ministres belges (fédéraux et régionaux), c'était au tour de la ministre flamande Zuhal Demir (N-VA) de représenter la Belgique à cette COP27. Dans un communiqué, elle expliquait ce vendredi s'inquiéter de la manière dont le pays hôte de cette conférence traite les droits de l'homme. "En Égypte, les scientifiques du climat sont réduits au silence, tandis que l'on déroule le tapis rouge pour les responsables politiques et les entreprises".
"C'est très amer. Mais les efforts pour lutter contre le changement climatique et y préparer notre environnement ne sont en aucun cas contestés", a ajouté la ministre. Le cas échéant, Zuhal Demir consultera les autres membres de la délégation belge à Charm-el-Cheikh par voie numérique, a-t-elle assuré.
"Les sommets pour le climat ne sont pas des festivals Eurovision de la chanson. Ils semblent, hélas, être devenus de grands shows pour se montrer au monde extérieur. C’est plus souvent une question de prestige que de climat. C’est douloureusement vrai en Egypte. C’est comme pour le championnat du monde de football au Qatar. Ce n’est pas le sport qui y prime, en Egypte ce n’est pas le climat", estime Demir.
La ministre promet d’accomplir ses tâches, à distance. "L’élaboration d’une bonne politique climatique ne dépend heureusement pas du nombre de mains qui sont serrées dans le désert, mais de la politique que l’on mène dans chaque pays. La Flandre suivra donc les négociations à distance. J’espère que cette fois la Conférence mènera à des réalisations sur le terrain et des engagements des régions qui ont encore du pain sur la planche. Une chose est certaine : nous allons devoir faire tous ensemble des efforts pour le climat".
L'organisation de défense des droits humains Amnesty International avait accusé le mois dernier l'Égypte "d'étouffer les libertés de la population et de commettre des crimes au regard du droit international". Zuhal Demir, aussi Secrétaire d’Etat à l’Egalité des chances, souligne que le viol dans le cadre du mariage n’est toujours pas punissable en Egypte et que trop de mutilations génitales féminines y sont encore effectuées.
