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L'arrivée en Flandre d'un site internet qui vend des produits périmés n’arrange pas les banques alimentaires

Le site internet finlandais Foodello, qui propose à la vente des produits dont les supermarchés ne veulent plus, par exemple parce que la date de péremption est dépassée, se lance en Flandre. Ces produits passent directement du producteur au consommateur via la boutique en ligne, ce qui implique des remises importantes de 20, 30 et parfois même 50%. Si cela constitue une bonne nouvelle en temps de crise, cela n’arrange pas les banques alimentaires. Car si ces produits sont vendus, ils ne peuvent pas être donnés aux plus démunis.

Eric Steffens Belga
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Le site propose différentes sortes de produits à la vente, essentiellement alimentaires, mais également des produits d'entretien, de beauté et de l'alimentation pour animaux.

Foodello livre depuis la semaine dernière en Flandre et prévoit à terme de s'étendre à toute la Belgique. Les produits sont livrés depuis un entrepôt situé à Westzaan, au nord d'Amsterdam, aux Pays-Bas. Foodello a lancé ses activités aux Pays-Bas en février et affirme entretemps compter plus de 30.000 clients. Le site pourrait profiter de l'inflation galopante qui rogne le pouvoir d'achat de nombreux consommateurs.

"Nous vivons aujourd'hui une période difficile où les gens doivent vraiment faire attention à leur argent", a expliqué Els Breugelmans, experte en commerce de détail et en marketing à la KU Leuven, au JT de la VRT. "Les actions où l'on propose des produits à bas prix sont donc très attractives pour les consommateurs." Les supermarchés le remarquent également. 

Delhaize, par exemple, a vu la demande pour ses produits de vente rapide augmenter de 10 à 15 %. Il s'agit des produits qu'ils proposent à un prix réduit parce que la date de péremption est sur le point d'expirer. Le supermarché a donc décidé de mettre encore plus en valeur ces produits. Mais il ne s'agit pas que d'un prix plus avantageux", ajoute Els Breugelmans.

Il y a aussi un côté durable. "La durabilité a de nombreuses dimensions. Lutter contre le gaspillage alimentaire, c'est aussi être durable avec notre société. On fait donc d'une pierre deux coups : on est durable et bon marché, ce qui est très attrayant pour le consommateur final." On pourrait donc penser que c’est une opération win-win. Pourtant il y a aussi le revers de la médaille.

Les banques alimentaires ont plus de demande mais moins de dons

Too Good To Go et Foodello sont tous deux des chaînes en ligne. Il faut déjà être assez habile avec son smartphone pour se lancer dans de telles applications.  "Les personnes les plus vulnérables ont déjà un peu plus de mal à utiliser les applications numériques dont on a besoin pour acheter via Too Good To Go ou Foodello", explique Els Breugelmans. "Or ce sont ces personnes qui sont les premières à faire la queue dans les banques alimentaires". Et justement, ces banques alimentaires craignent pour leurs dons à l’arrivée de chaque nouvelle plateforme.

"Nous sommes tristes de voir des acteurs comme Too Good To Go et Foodello arriver sur le marché", déclare Jef Mottar, de la Fédération belge des banques alimentaires. "Ils fonctionnent évidemment en toute légalité, mais ce sont des volumes qui ne sont plus à notre disposition". Les banques alimentaires ont vu leurs dons diminuer de 5 à 6 % au cours des six derniers mois. Mais la demande, elle a augmenté de 15,4 % sur la même période.

Les banques alimentaires cherchent à obtenir du gouvernement des allégements fiscaux supplémentaires. "Ceux-ci permettraient de lutter à armes égales, de sorte que les dons de nourriture puissent également être encouragés", ajoute Jef Mottar. "Pour que les deux acheteurs aient le droit d'exister, mais que nous puissions aussi avoir une part de ce marché."  

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