L'année 2023 marquera le 225e anniversaire du plus ancien musée de Belgique, le Musée des Beaux-Arts de Gand (Museum voor Schone Kunsten Gent, MSK). Les célébrations qui dureront plusieurs mois débutaient le 2 septembre avec une exposition consacrée au "peintre de Gand" Albert Baertsoen (1866-1922). Le MSK (photo) possède 20.000 œuvres d’art, dont 600 sont exposées en permanence.
Le Musée des Beaux-Arts de Gand fête ses 225 ans avec plusieurs expositions
Il s'agit de la première exposition dédiée au peintre impressionniste en 50 ans. Le dessinateur et graphiste quasi autodidacte Albert Baertsoen a joué un rôle remarquable dans la fin de siècle de la vie artistique gantoise, belge et internationale, souligne le Musée des Beaux-Arts de Gand. Il est depuis passé quelque peu au second plan, ce qui a motivé les commissaires de l'exposition à le remettre en valeur.
Albert Baertsoen était le fils de riches industriels possédant des usines textiles à Gand et à Waarschoot. Son père lui avait fait construire un studio à Gand. Plus tard, il aura sa propre péniche sur laquelle il naviguera notamment en Flandre occidentale et aux Pays-Bas. Il disposait d'un vaste réseau de contacts avec James Ensor, Georges Rodenbach et Emile Claus, mais aussi avec Claude Monet.
Les connaisseurs sont frappés par la perspective à partir de laquelle il peint et par le choix de ses sujets. "Il ne va pas peindre les lieux touristiques", note Johan De Smet, co-curateur de l'exposition. "Il est aussi l'antithèse de Claus dans tous les domaines. Si Claus est le peintre de la lumière, Baertsoen est le peintre de l'ombre." Johan De Smet le qualifie de figure-relais entre le XIXe et le XXe siècle. "L'impressionnisme était terminé. Il était avant tout un 'pleinairiste'."
A la fin du XIXe siècle, "Albert Baertson était très préoccupé par la préservation des monuments et le malaise qui caractérisait la Fin de siècle", poursuivait Johan De Smet. C'était également un peintre qui travaillait de manière très lente. "Il faisait toujours des études et des croquis de ses œuvres au préalable. C'est pourquoi il n'a peint qu'environ 350 tableaux sur toute sa vie."
L'exposition se tiendra jusqu’au 27 novembre au MSK. Elle sera suivie, du 21 janvier au 23 avril 2023, de la première exposition monographique jamais consacrée au maître baroque Theodoor Rombouts (1597-1637).
Double anniversaire
Le Musée des Beaux-Arts de Gand a été érigé officiellement en 1798 et ouvrait ses portes au public en 1802. C’était l’époque où le Louvre voyait le jour à Paris et la Mauritshuis aux Pays-Bas. L’échevin gantois de la Culture, Sami Souguir, le rappelait avec fierté : "Ce qui fait du MSK l’un des plus anciens musées publics de Belgique. Nous pouvons en être fiers en tant que Gantois. Le MSK possède en outre une collection unique d’œuvres du Moyen-Age jusqu’à la première moitié du 20e siècle, qui font partie des plus grandes œuvres d’Europe".
Au début de son existence, le musée exposait des œuvres de la ville de Gand et des œuvres collectées par les Français dans des églises. Plus tard, le MSK exposa des "artistes vivants", à savoir des œuvres d’artistes du 19e siècle qui étaient encore en vie. Dès la fin du 19e siècle, on y ajouta des "maîtres anciens", précisait Manfred Sellink (photo archives), directeur du Musée des Beaux-Arts de Gand. Tout comme Philippe Van Cauteren, le directeur du musée d’art contemporaine voisin - le S.M.A.K -, Manfred Sellink rêve d’avoir un "parc de musée" dans lequel les deux institutions seraient réunies par la verdure. "Un plan a été présenté pour faire aboutir le projet en 2030, l’année où Gand voudrait être Capitale culturelle de l’Europe".
Le Musée fête ses 225 ans, mais l’association des "Amis du Musée des Beaux-Arts" célèbre, elle, son 125e anniversaire. Elle aide le musée à agrandir sa collection et achète ou offre des œuvres. "C’est la plus ancienne association de musée au monde, au même titre que celle du Louvre", souligne Manfred Sellink.

