La direction de l'enseigne Makro Cash & Carry Belgium, en pertes structurelles depuis près de 10 ans, a introduit ce jeudi une demande de procédure de réorganisation judiciaire par transfert d'entreprises sous autorité de justice (PRJ) auprès du tribunal de l'entreprise d'Anvers, a-t-elle annoncé. Makro Cash & Carry Belgium occupe quelque 2.000 personnes. D’après le syndicat chrétien flamand ACV, le personnel se sent abandonné mais se montre résigné en restant pour l’heure au travail.
Makro introduit une procédure de réorganisation judiciaire, 2.000 postes sont menacés
Cette procédure permettra à Makro Cash & Carry Belgium d'être protégé de ses créanciers et de transférer tout ou partie des activités de l'entreprise à une autre entité "et de sauvegarder ainsi l'emploi dans les activités viables", explique-t-elle dans un communiqué.
La direction de Makro Cash & Carry Belgium, enseigne rachetée en juin dernier par Bronze Properties, justifie sa décision par la situation économiquement intenable, selon elle, de l'enseigne qui n'a pu être maintenu à flot qu'à coups d'augmentations de capital financées par l'ancien actionnaire allemand, Metro AG.
"Après une analyse approfondie, Bronze Properties est arrivée à la conclusion que la structure actuelle des activités commerciales de Makro Cash & Carry Belgium, organisées sous une seule entité juridique, est économiquement intenable et doit être modifiée. Les difficultés financières actuelles qui en résultent constituent une menace pour la continuité de l'entreprise dans son ensemble", explique l'entreprise.
"Une réorganisation globale entraînant la résiliation des contrats de travail ou la fermeture des activités non rentables n'est pas envisageable. La viabilité à long terme de l'entreprise ne serait toujours pas assurée et aucun financement n'est disponible pour couvrir les coûts élevés liés à une telle réorganisation", ajoute-t-on.
Par contre, depuis qu'il a racheté Makro Cash & Carry Belgium, Bronze Properties a reçu plusieurs marques d'intérêt jugées sérieuses pour l'acquisition des activités de Metro (qui se concentre sur les clients professionnels horeca), de certaines activités de Makro ou de magasins Makro. "Cependant, aucune partie intéressée n'a proposé d'acquérir la société dans son ensemble, ce qui confirme l'analyse de Bronze Properties."
Si la demande de réorganisation judiciaire par transfert d'entreprises est acceptée par le tribunal, un mandataire de justice sera nommé pour gérer toutes les étapes ultérieures liées au transfert des activités commerciales viables, y compris les actifs et le personnel concerné. La procédure devrait durer entre quatre et six mois.
Le personnel "résigné" se sent abandonné
Makro Cash & Carry Belgium opère depuis 1970 et compte 17 magasins et environ 2.000 collaborateurs. On compte six magasins Makro en Belgique, dont deux en Wallonie (Lodelinsart et Alleur). L'enseigne Metro compte quant à elle 11 magasins en Belgique, dont un à Bruxelles et deux en Wallonie (Namur et Liège).
Les syndicats ont été informés jeudi par la direction des intentions du groupe. Selon le syndicat chrétien flamand ACV Puls, le personnel est résigné et reste pour l'heure au travail.
Les 17 magasins de l'enseigne, propriété pendant des décennies du groupe allemand Metro AG, ont été vendus en juin dernier au holding Bronze Properties. "Et quelques mois plus tard, on apprend que c'est maintenant la justice qui est à la manœuvre", soupire Johan Van Loon, du syndicat chrétien flamand, estimant que les travailleurs sont "abandonnés" et ballotés de droite à gauche.
Les syndicats vont à présent organiser des sessions d'informations dans les 11 magasins Metro et les six Makro, les travailleurs se posant "beaucoup de questions". Le personnel est actuellement à son poste mais des actions spontanées ne peuvent être exclues. Du côté de l'ACV, on ne prévoit toutefois pas d'action. "Contre qui? Tout est maintenant entre les mains du tribunal", se résigne Johan Van Loon.
"La direction nous a déjà indiqué il y a plusieurs mois que des repreneurs étaient intéressés par des parties de l'entreprise. Les repreneurs potentiels ont déjà eu le temps de faire leur devoir", souligne Johan Van Loon. Pour ce dernier, l'avantage d'une telle procédure, qui n'a pas encore été appliquée à un dossier de cette ampleur, réside notamment dans l'importance accordée à la question de l'emploi. "Une offre plus basse qui garantit davantage d'emplois peut être prise en compte par le juge".
Les syndicats auront également le droit de s'exprimer et de demander à avoir accès au dossier et ils ne comptent pas s'en priver.
