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Un employé belge d’une ONG détenu depuis février dans des conditions très difficiles en Iran

Olivier Vandecasteele, un employé belge d'une organisation non gouvernementale (ONG), est détenu depuis février dans une prison iranienne. Selon sa famille, il serait détenu arbitrairement sans aucun motif. C’est ce mardi matin que le projet de traité belgo-iranien sur le transfèrement de personnes condamnées, qui doit être débattu en urgence en commission des Relations extérieures de la Chambre.

Eric Steffens Belga
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Aux Affaires étrangères, on a appris que l'employé de l'organisation humanitaire avait été arrêté dans la nuit du 24 au 25 février. Depuis lors, il est détenu dans une cellule de la capitale iranienne, Téhéran. Au début, il n'a pas été possible de dire qui il était ni pourquoi il avait été arrêté. Il ressort à présent qu'il s'agit d'Olivier Vandecasteele.

Olivier Vandecasteele a été actif comme travailleur humanitaire en Afghanistan pendant des années et, depuis 2015, en Iran en tant que "country director" pour diverses ONG. Il s'est efforcé de renforcer les contacts entre les autorités iraniennes et les principaux donateurs internationaux tels que l'Union européenne, les Nations unies et d'autres organisations internationales. "Il a ainsi contribué de manière significative au succès des missions de développement et à l'accès aux soins de santé de base pour la population afghane qui a immigré en Iran", peut-on lire dans le communiqué de sa famille.

Olivier Vandecasteele est en isolement complet en prison. La famille a eu des contacts avec lui une fois, mais il n'a aucun contact avec ses avocats iraniens. À cause de la mauvaise alimentation, il a perdu beaucoup de poids et il a des problèmes de santé, selon sa famille.  

Echange de prisonniers ?

Ce n'est pas la première personne ayant un lien avec la Belgique à être détenue en Iran. Le professeur suédo-iranien Ahmadreza Djalali, professeur invité à la Vrije universiteit Brussel (VUB), y est également emprisonné depuis 2016. Il a été arrêté pour suspicion d'espionnage et condamné à mort.

D'ailleurs, notre pays met en garde depuis un certain temps déjà sur les dangers de voyager en Iran. "Tout voyage en Iran est fortement déconseillé", indique notamment l’avis de voyage des Affaires étrangères. "Les ressortissants belges doivent être conscients du risque d'arrestations arbitraires."

Il n'est pas possible de confirmer s'il s'agit également d'un cas d'arrestation arbitraire. Ce qui est certain, c'est que notre pays travaille à l'élaboration d'une convention "sur le transfèrement des personnes condamnées". En d'autres termes : un traité pour échanger des criminels avec, entre autres, l'Iran. La commission parlementaire des relations extérieures doit examiner ce projet de loi.

Le lien a été établi précédemment avec un possible échange entre Djalali et le diplomate iranien et terroriste condamné Assadollah Assadi qui était le cerveau d'un projet d'attentat contre un meeting de l'opposition iranienne à Paris et a été condamné à 20 ans de prison à Anvers pour cela.

Critiques de l'opposition

Le porte-parole du ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD) a déclaré vendredi dernier, à la demande de la VRT, que le gouvernement ne fait pas de lien entre ce projet de traité et l'affaire Djalali. L'existence d'un lien avec l'employé de l'ONG belge n'est pas établie non plus.

En tout cas, il n'est pas certain qu'il y ait une majorité pour un tel échange de prisonniers. Le chef de groupe N-VA à la Chambre, Peter De Roover, s'était auparavant montré très critique à l'égard d'un éventuel échange avec un terroriste condamné. "Si l'intention était de l'extrader (Assadi, ndlr), nous sommes très inquiets à ce sujet. Ce serait un très mauvais signal au niveau international", a-t-il déclaré.

Neuf dignitaires américains s'opposent au traité belgo-iranien

Un ancien directeur du FBI, un ex-conseiller en sécurité du président Obama et sept autres hauts militaires, magistrats ou élus américains ont écrit dimanche à la présidente de la Chambre Eliane Tillieux pour dénoncer le projet de traité belgo-iranien sur le transfèrement de personnes condamnées, qui doit être débattu ce mardi matin en urgence en commission des Relations extérieures de la Chambre.

"Ce traité sera utilisé par Téhéran pour obtenir immédiatement le retour en Iran de la cellule terroriste activée en 2018 pour attaquer le rassemblement du Conseil national de la Résistance iranienne en France, ainsi que de leur agent du ministère du renseignement et de la sécurité (MOIS), Assadolah Assadi", soulignent, dans ce courrier parvenu à Belga, l'ancien directeur du FBI Louis J. Freeh, l'ex-conseiller de Barack Obama et ancien commandant suprême de l'OTAN en Europe ("Saceur") James L. Jones, ou encore l'ancien sous-secrétaire d'État à la sécurité internationale Robert Joseph.  

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