C'est le projet de l'équipe menée par le jeune architecte paysagiste belge Bas Smets qui a été retenu pour les abords de la cathédrale Notre-Dame de Paris, annonçait ce lundi la maire de Paris, Anne Hidalgo. L'emblématique édifice avait été fortement endommagé lors d'un incendie le 15 avril 2019. L’espace à aménager autour de la cathédrale est de 4 hectares, allant du parvis au-dessus des jardins aux rues avoisinantes.
L'architecte Bas Smets réaménagera les abords de Notre-Dame de Paris
Non seulement la cathédrale retrouvera son ancienne gloire, mais la zone environnante - en l'occurrence les jardins, le parvis et les rues voisines de l’édifice historique - sera également rénovée. Divers projets ont été présentés dans cette optique. Et c'est l'équipe menée par le bureau paysagiste belge Bas Smets qui a remporté les suffrages. Elle était associée pour la circonstance au bureau d'architectes urbanistes parisien Grau, et pour ce qui est du patrimoine au bureau parisien Neufville-Gayet.
La victoire belge a été annoncée par la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui a souligné que "ce projet proposait le parvis le plus clair". Ainsi qu'un "rectangle dont la forme poursuit à l'extérieur le dessin géométrique intérieur, avec une dominante de grès de Fontainebleau".
Le projet de Bas Smets se concentre principalement sur l'espace vert supplémentaire. Le parking souterrain sera en outre transformé en promenade intérieure et l'espace derrière la cathédrale se transformera en une grande place continue, écrit le site spécialisé architectura.be.
Bas Smets (photo) a déjà été actif en Europe, en Asie et aux Etats-Unis. Il a réalisé une cinquantaine de projets dans une douzaine de pays. Il a ainsi déjà conçu, notamment, le monument commémoratif pour les victimes du massacre d'Utoya, en Norvège, et le monument commémoratif pour les victimes des attentats terroristes à Bruxelles.
Les travaux du paysagiste devraient être terminés en 2027
Au cours de la nuit du lundi 15 au mardi 16 avril 2019, la cathédrale Notre-Dame de Paris avait été lourdement endommagée par un incendie, d'origine accidentelle, qui s'était déclaré au niveau de la charpente de la cathédrale. Le monde entier avait alors les yeux rivés sur ce chef-d'œuvre du patrimoine universel, via les télévisions internationales. Vers 19h50, la flèche de la cathédrale, culminant à 93 mètres de hauteur, s'était effondrée.
Et en quelques heures, une bonne partie du toit de l'édifice était réduite en cendres. Les murs, les structures de pierre et certains vitraux ont cependant résisté. Après une lutte de près de quinze heures contre les flammes, les pompiers étaient parvenus à maîtriser le feu, soulevant une vague d'émotion et provoquant un afflux de dons pour financer une reconstruction qui s'annonçait titanesque.
C’est au cours de la conférence de presse de ce lundi matin à Paris que Bas Smets apprenait que son projet a été retenu. Il s’est montré très enthousiaste. "Nous sommes ravis de pouvoir collaborer avec un petit morceau à l’histoire de ce monument. Cela nous laisse aussi sans voix"'. Le bureau de Bas Smets travaillera avec plusieurs partenaires. Les travaux de restauration de Notre-Dame devraient être terminés en 2024. L’aménagement des abords de la cathédrale devrait être achevé en 2027.
"Autour de Notre-Dame on trouve tous les ingrédients qui rendent Paris si forte : les plantations de ligne, les quais, les parcs et les places. Nous allons tous les restaurer, les améliorer et les rendre plus résistants au climat. Nous allons préparer ces abords à des températures plus élevées". Cela signifie que des arbres supplémentaires seront plantés pour créer des zones d’ombre, mais ce n’était pas possible sur le parvis de Notre-Dame.
"Cette place doit satisfaire à beaucoup de critères. Elle devait préserver la vue sur la façade de la cathédrale et permettre l’organisation d’événements. Ce qui ne rendait pas possible la plantation d’arbres". Mais pour rendre la place résistante au climat, le bureau belge a eu une idée originale. "Lorsqu’il fera très chaud, une fine couche d’eau coulera sur la place. Ce qui fera baisser la température du revêtement et la température ressentie", précisait l’architecte belge.
"C’est un système que Paris utilise en fait déjà. Les rues de la capitale sont nettoyées avec de l’eau qui sort des trottoirs. Nous allons utiliser ce même réseau pour faire couler une fine couche d’eau sur le parvis de la cathédrale". Sous la place, il y aura une promenade couverte qui prolonge la crypte. Et la Seine sera accessible via deux escaliers. Le coût du projet est évalué à 50 millions d’euros.

