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Don de sang : le délai d'abstinence pour les HSH passe de 12 à 4 mois

La Chambre a approuvé jeudi en séance plénière une proposition de loi du PS sur les critères d'exclusion au don de sang. Les hommes qui entretiennent des relations sexuelles avec d’autres hommes ne devront à l’avenir plus attendre 12 mois avant de pouvoir donner de leur sang, mais quatre mois. La Croix-Rouge de Flandre réclame néanmoins des mesures d’accompagnement "pour garantir la qualité du sang".

Anne François Belga
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À partir du 1er juillet 2023, la période d'exclusion avant de pouvoir donner son sang passera, pour les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HSH), de 12 mois après le dernier rapport sexuel à 4 mois. Le texte est le fruit d'un compromis dans la majorité.

Plusieurs partis, dont le PS, auraient voulu supprimer totalement ce qui apparaît comme une discrimination, mais ont préféré se rallier à ce pas en avant. Les débats ont notamment porté sur un premier avis de la Croix-Rouge flamande et sur celui de l'Académie royale de médecine de Belgique faisant part de craintes quant à la qualité du sang ou encore le manque de moyens.

Ce sont ces arguments qui ont amené la N-VA à s'abstenir, les nationalistes flamands affirmant vouloir appliquer le principe de précaution. Ces arguments n'ont pas convaincu DéFI qui a tenté d'amender la proposition en vue de supprimer tout délai d'abstinence, en vain. Ecolo-Groen a d'ores et déjà déposé une nouvelle proposition de loi visant une suppression totale du délai à partir de 2024.

Le MR a assuré de son soutien à une future proposition visant à supprimer la discrimination. Le PTB a de son côté approuvé le texte, qualifiant toutefois cette "petite avancée" de "symbolique".

Des mesures d’accompagnement ?

La Croix-Rouge de Flandre se concerte avec le ministre fédéral de la Santé publique, Frank Vandenbroucke, à propos d’éventuelles mesures d’accompagnement visant à certifier la qualité du sang. "Ces mesures sont absolument nécessaires pour une bonne exécution de la loi et pour garantir du sang suffisamment sûr", indique la Croix-Rouge.

Concrètement, elle propose d’instaurer un test individuel des échantillons de sang. La Croix-Rouge réclame également que les donneurs de sang soient interrogés plus en détail avant leur sélection. Tout en veillant à la protection de la vie privée. "Sans ces mesures d’accompagnement, le risque d’avoir du sang contaminé ou une pénurie de pochettes de sang augmente. Nous estimons que l’assouplissement de la règlementation nous livrera moins d’un pourcent de sang supplémentaire. D’autre part, les questions supplémentaires sur le comportement sexuel vont décourager des donneurs", estime la Croix-Rouge de Flandre.

Sensoa, le Centre flamand d’expertise pour la santé sexuelle, comprend à la fois les exigences de la Croix-Rouge et la crainte des homosexuels d’être stigmatisés. En Belgique, le nombre d’infections par le VIH chez les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes diminue depuis quelques années déjà. Mais en comparaison avec le reste de la population, la prévalence du nombre de cas de VIH chez les hommes homosexuels est élevée, constate Mark Sergeant de Sensoa.

A noter que dans un nombre croissant de pays, la règlementation concernant le don de sang est établie sur base du comportement sexuel et plus sur l’orientation sexuelle. De cette façon, l’accent n’est plus mis sur l’orientation sexuelle des donneurs mais sur les risques qu’il prend éventuellement et qui peuvent influencer la qualité de son sang.

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