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Dix minutes d’ovation pour "Close" de Lukas Dhont au festival de Cannes

"Close", le dernier film en date du réalisateur gantois Lukas Dhont (photo, au centre en rouge) a été ovationné, jeudi en seconde partie de soirée, à l'issue de sa projection dans le cadre de la prestigieuse compétition du Festival de Cannes. Émue, l'équipe du film a été applaudie pendant plus d'une dizaine de minutes par le public. "Rebel", le nouveau film des Anversois Adil El Arbi et Bilall Fallah, était présenté en-dehors de la compétition officielle, en séance de minuit. Un film sur les combattants partis de Belgique en Syrie, qui était depuis longtemps en gestation pour ces deux jeunes réalisateurs aux racines marocaines, qui jouissent maintenant d’une notoriété internationale.

Anne François Belga
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Avec "Close", le réalisateur prodige gantois de 31 ans signe un film sur l'amitié et la responsabilité. Le long métrage plonge dans l'histoire de Léo et Rémi, 13 ans, amis depuis toujours jusqu'à ce qu'un événement impensable les sépare. Les rôles principaux sont endossés par les nouveaux venus Eden Dambrine et Gustav De Waele et les actrices Émilie Dequenne et Léa Drucker.

Au Grand Théâtre Lumière du festival de Cannes, le film en compétition pour la Palme d’Or a été ovationné par 2.300 spectateurs qui ont applaudi le réalisateur et ses acteurs pendant plus de dix minutes. D’après le journaliste cinéma Lieven Van Gils (VRT), "on sentait l’amour du public pour ce jeune Gantois et celle du réalisateur pour toute son équipe". Lukas Dhont était visiblement très ému par l’accueil du public et expliquait avoir eu l’impression d’être de nouveau "à la maison".

En 2018, Lukas Dhont s'était fait remarquer sur la Croisette avec son premier film "Girl", présenté dans la section "Un Certain Regard", qui lui avait valu quatre récompenses. Il s'était ainsi vu décerner la Caméra d'Or, prix qui récompense le meilleur premier film toutes sections confondues, le Prix d'interprétation dans la section "Un Certain Regard", le prix indépendant "Queer Palm" pour son traitement des thématiques altersexuelles et le prix Fipresci des critiques de cinéma internationaux dans la section "Un Certain Regard".

"Close" est une production de Menuet, Diaphana Films, Topkapi Films et Versus Production en coproduction avec VTM et RTBF. Le film a par ailleurs été réalisé avec le soutien, notamment, du Fonds audiovisuel de Flandre (VAF) et du Centre du cinéma et de l'audiovisuel (CCA) de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ainsi qu'avec l'aide du tax shelter du gouvernement fédéral belge.

"Un film très personnel en hommage aux amis que j'ai perdus"

Comme il le confiait ce vendredi, Lukas Dhont a eu en tête tout au long de la réalisation du film "de montrer une amitié physique, intime, fusionnelle entre deux garçons", sujet encore trop rare à l'écran. "C'est un sujet très universel. Les amitiés sont des relations fondamentales dans notre vie (...). C'est pouvoir compter sur quelqu'un et être là pour quelqu'un. Moi, dans ma vie, cela m'a beaucoup blessé de perdre des amis." "C'est un film très personnel et donc, le partager, c'est intense et très beau", explique Lukas Dhont dans une interview accordée à l'agence de presse Belga.

Révélé avec "Girl" en 2018, long métrage qui lui a valu quatre récompenses dont la prestigieuse Caméra d'Or, prix qui récompense le meilleur premier film toutes sections confondues, Lukas Dhont concourt cette fois pour la Palme d'or face à d'autres Belges: Charlotte Vandermeersch et Felix Van Groeningen pour "Les Huits Montagnes" et les frères Dardenne pour "Tori et Lokita". "Mon premier job sur un plateau, c'était de faire le making of de 'The Broken Circle Breakdown' pour Felix. Il m'a laissé voir tout son processus, comment réaliser, comment diriger. C'est un ami. Je suis très fier de lui, de Charlotte, du film qu'ils ont fait", souligne le jeune cinéaste.

"Je me trouve très connecté avec leur film car il est différent et, en même temps, il parle d'amitié. Je me sens donc très connecté avec leur univers. Présent dans la salle lors de la projection en compétition de "Tori et Lokita" de Jean-Pierre et Luc Dardenne mardi, Lukas Dhont est revenu vendredi sur sa relation avec les frères et dit avoir souhaité être là pour les soutenir. "J'ai regardé leur cinéma quand j'étais à l'école. Ils m'ont aidé à découvrir quelle était ma perspective personnelle et comment la développer."

Première hors compétition pour Adil et Bilall sur la Croisette

Les deux réalisateurs Anversois déjà célèbres aux Etats-Unis notamment étaient aussi présents jeudi soir à Cannes pour y présenter leur cinquième long-métrage, "Rebel", à la séance de minuit. "Le film s’est terminé à 3h30 du matin. Après "Close" de Lukas Dhont on entrait avec Rebel dans un tout autre monde", expliquait le chroniqueur cinéma Lieven Van Gils (VRT).

"C’est un film explosif, sur les combattants en Syrie, et plus précisément sur un jeune adolescent qui part sur la trace de son frère. Adil El Arbi et Bilall Fallah ont vraiment marqué ce long-métrage de leur signature. Ils prouvent à quel point ils sont devenus excellents. Dans les scènes d’action, ils n’ont pas leurs pareils en Belgique", estimait Van Gils.

Les deux réalisateurs se sont dits soulagés et ravis après la Première. "Ce film représentait plus que nous ne l’avions imaginé. On ne peut décrire la magie qui règne à Cannes, et à Cannes seulement", estimait Fallah. "Nous ne pouvons qu’espérer que le film soit bien reçu, mais cela n’est plus entre nos mains".

Adil et Bilall à Cannes, avec le jeune Amir El Arbi, le grère d'Adil et l'un des personnages centraux du film "Rebel"

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