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"La gravité des conséquences du dérèglement climatique augmente plus vite que le réchauffement"

Dans son dernier rapport publié lundi, intitulé "Impacts, adaptation et vulnérabilité", le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) constate que le changement climatique a déjà provoqué des "dommages substantiels" à divers écosystèmes et que l'ampleur de son impact est plus importante que celle estimée lors d'évaluations précédentes. Selon le Giec, les changements climatiques induits par l'homme, qui s'accompagnent d'événements extrêmes plus fréquents et plus intenses, ont déjà entraîné des effets irréversibles sur les systèmes naturels et humains, comme l'extinction de certaines espèces. Le climatologue Jean-Pascal van Ypersele (UCLouvain), a commenté les conclusions de ce nouveau rapport au micro de la VRT.

Joyce Azar Belga
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Le rapport du Giec souligne notamment qu'approximativement 3,3 à 3,6 milliards de personnes sur Terre vivent dans des contextes hautement vulnérables au changement climatique. Actuellement, les scientifiques estiment que la planète s'est déjà réchauffée de près d'1,1°C.

Les experts mettent par ailleurs en garde contre les difficultés, voire l'impossibilité, de s'adapter aux conséquences des dérèglements climatiques à mesure que la température mondiale augmente. Le nouveau rapport du Giec "montre que les impacts des changements climatiques deviennent de plus en plus visibles et répandus, et qu'ils font de plus en plus de dégâts, tant pour les personnes que pour les écosystèmes ou l'économie", indique le climatologue Jean-Pascal van Ypersele (UCLouvain).

D'une manière générale, les pauvres sont les plus vulnérables, mais les plus riches ne sont pas à l'abri, même en Europe.

Jean-Pascal van Ypersele, climatologue (UCLouvain)

"Des pays, des régions entières sont menacés, parfois dans leur existence même ; je pense en particulier à l'Afrique et aux petites îles. D'une manière générale, les pauvres sont les plus vulnérables, mais les plus riches ne sont pas à l'abri, même en Europe", ajoute l'ancien vice-président du Giec, qui était membre de la délégation belge à la plénière qui a adopté ce deuxième rapport du sixième cycle d'évaluation du Giec.

"La gravité des conséquences du dérèglement climatique augmente plus vite encore que le réchauffement", s'inquiète encore M. van Ypersele, pour qui "il est donc plus important que jamais de tout faire pour que le réchauffement global soit limité à l'objectif le plus ambitieux de l'Accord de Paris", à savoir une limitation du réchauffement mondial à maximum 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle. 

Nous avons les cartes en main pour agir. Faisons le nécessaire pour préserver l'habitabilité de la seule planète habitable du système solaire.

Jean-Pascal van Ypersele, climatologue (UCLouvain)

Pour le scientifique belge, "il est possible d'agir" mais pour cela, "il faut accélérer la prise de mesures d'adaptation à la partie inévitable des changements climatiques, et il faut le faire en intégrant le plus possible ces mesures dans un cadre plus large, où l'on considère aussi les objectifs de développement durable, comme la protection de la nature et la réduction des inégalités et des injustices."

"Nous avons les cartes en main pour agir. Faisons le nécessaire pour préserver l'habitabilité de la seule planète habitable du système solaire. Nous devons le faire pour les humains, mais aussi pour toutes les formes de vie, car notre bien-être dépend de leur bon état", conclut le climatologue.

Pour en savoir plus, visionnez ci-dessous quelques extraits de l'interview de la VRT avec Jean-Pascal van Ypersele : 

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