La rencontre dimanche entre le Club de Bruges et Anderlecht a été entachée par la profération d’insultes racistes à l'encontre de Vincent Kompany, du staff et des joueurs d'Anderlecht. Kompany s’est dit "dégoûté" à l’issue du match. De son côté, Romelu Lukaku a interpelé la Pro League : "Allez vous faire voir avec hashtags, prenez maintenant des actions concrètes", a-t-il lancé sur les réseaux sociaux. La ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden a également condamné ces actes de racisme. La police brugeoise a décidé de dresser un procès-verbal.
Insultes racistes : Kompany dégoûté, Lukaku en colère appelle la Pro League à des actions concrètes
Après le partage entre le Club de Bruges et Anderlecht dimanche, Vincent Kompany a confirmé qu'il avait été victime d'insultes racistes de la part des supporters brugeois tout comme son staff et ses joueurs. "Je rentre à la maison dégoûté et déçu. Mes joueurs, mon staff et moi-même avons été victimes d'insultes racistes. Ils ont notamment crié 'singe noir'. Il y a beaucoup de gens ici qui ont beaucoup donné pour ce pays et ils viennent juste pour jouer au football. Et je ne veux pas non plus entrer dans un conflit avec le Club de Bruges", a déclaré Kompany au micro d'Eleven Sports.
"Je n'ai pas envie de faire de commentaire sur le match. J'ai juste envie de me mettre ensemble avec mon staff, de rester avec les gens qui comptent pour moi. On ne devrait plus vivre ça aujourd'hui", a ajouté l'entraîneur anderlechtois avant de quitter l'interview.
En conférence de presse après le match, Philippe Clement, l'entraîneur brugeois, a assuré qu'il n'avait pas entendu d'insultes racistes. "Si quelqu'un a crié de telles choses, ce ne sont clairement pas les valeurs que le Club de Bruges défend", a-t-il déclaré. Dans la foulée, le Club de Bruges a écrit sur Twitter qu'il condamnait "toute forme de racisme". "Ces quelques personnes ne sont pas représentatives des valeurs et des normes de notre club et n'ont pas leur place au stade Jan Breydel."
"Allez vous faire voir avec hashtags"
Romelu Lukaku a pour sa part interpelé la Pro League à la suite des insultes racistes. Dans une story publiée sur son compte Instagram, le Diable Rouge de Chelsea a poussé la Pro League à agir concrètement contre le racisme.
"J'espère que vous allez prendre des actions concrètes. Qu'une icône comme Vincent Komany soit insultée à cause de sa couleur de peau... Assez, c'est assez ! Allez vous faire voir avec hashtags, prenez maintenant des actions concrètes".
Dénonciation de la Pro League
Après avoir d'abord réagi via un tweet, la Pro League, qui représente l'ensemble des clubs professionnels de football en Belgique, a publié dimanche soir un communiqué. "Le racisme n'a pas sa place dans et autour de nos stades. Nous ne pouvons pas être assez clairs à ce sujet. C'est une position et un engagement de la Pro League et de tous ses clubs", indique la Pro League, qui va examiner "les rapports des différentes instances".
"Le fait que le racisme et la discrimination ne doivent pas être tolérés dans la société ou dans nos stades est une responsabilité que nous devons assumer avec l'ensemble du football", poursuit la Pro League. "Pas seulement pour les entraîneurs sur la ligne de touche ou les joueurs sur le terrain, mais aussi pour les ramasseurs de balles sur le bord du terrain ou pour les enfants dans les tribunes".
La Pro League a par ailleurs réclamé qu'elle avait récemment entamé une collaboration avec la Caserne Dossin à Malines, musée et centre de documentation sur l'Holocauste et les droits de l'homme, dont l'objectif est d'amener les supporters se rendant coupables de racisme ou de discrimination à "réfléchir à leurs propos grâce à un trajet de formation afin de ne plus commettre ces actes".
Condamnations politiques
La ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden a également condamné, sur Twitter, les insultes racistes proférées en marge du match. "C'est bien que le club de Bruges - qui a fermement condamné les faits - a communiqué clairement. Réaction appropriée de Vincent Kompany. Espérons que lui et son équipe puissent se remettre ce soir en toute tranquillité. La lutte contre le racisme ne peut tolérer aucun compromis", a-t-elle tweeté dimanche soir.
Le ministre flamand en charge du Vivre-ensemble, Bart Somers, a quant à lui appelé à une interdiction de stade pour les supporters de football qui profèrent des injures racistes. "Les supporters racistes devraient écoper immédiatement d'une interdiction de stade et être contraints de suivre un parcours de formation à la Caserne Dossin".
Le Somers rencontrera mardi la ligue de football professionnel (Pro League) à ce sujet. Il considère que cette dernière ainsi que les clubs de football "doivent prendre leurs responsabilités et dire clairement que ces comportements sont inacceptables". Aux yeux du ministre, les condamnations verbales ne suffisent pas, il faut une interdiction de stade.
Le projet, subsidié par la Flandre, d'un parcours de formation à la caserne Dossin existe depuis longtemps pour endiguer le racisme dans le football belge, mais il ne peut fonctionner "que si les clubs de football et la Pro League prennent leurs responsabilités", ce qui ne semble pas être le cas aux yeux du ministre, vu le peu de supporters envoyés par les clubs. La réunion programmée avec la Pro League se fera en présence du président du Club de Bruges, Bart Verhaeghe.
Procès-verbal et identification
La police locale dressera bien un procès-verbal après les insultes racistes proférées en marge de la rencontre opposant le FC Bruges à Anderlecht. L'information rapportée lundi par la chaîne locale Focus WTV a été confirmée par la police de Bruges.
Dans un premier temps, la police brugeoise n'avait pas l'intention de dresser un procès-verbal mais ce sera désormais le cas "afin de faciliter l'enquête", explique la porte-parole de la police brugeoise Lien Depoorter.
Ce lundi, le Club Bruges a annoncé qu'il allait "tout faire" pour identifier et interdire de stade les supporters qui ont proféré des insultes à caractère raciste.
