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Audit Vlaanderen : "La bourgmestre de Saint-Trond a commis une faute déontologique avec sa vaccination précoce"

Le conseil communal de Saint-Trond (province du Limbourg) se penchera le 30 août sur l'enquête menée par l'agence flamande d'audit (Audit Vlaanderen) à propos de la bourgmestre Veerle Heeren, qui avait fait un pas de côté en mai après avoir transgressé le code déontologique en obtenant un passe-droit pour sa propre vaccination et celle de ses proches contre le coronavirus. C’est ce qu’a indiqué le CD&V, le parti de la bourgmestre qui a repris le travail en juillet. D’après le parti d’opposition Vooruit, l’audit conclut que Veerle Heeren (photo) a fait une faute déontologique grave en se faisant vacciner, et plusieurs membres de son entourage, plus tôt que ce à quoi ils auraient eu droit.

Anne François Belga
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La bourgmestre limbourgeoise avait admis, lors d'un conseil communal en visioconférence, avoir transmis le nom de treize personnes de son entourage direct pour qu’elles puissent bénéficier des doses excédentaires de vaccins disponibles au sein du centre de vaccination de Saint-Trond. Veerle Heeren avait reconnu son erreur, tout en soulignant qu'elle avait été commise avec l'intention de faire le bien pour que des vaccins ne restent pas inutilisés.

La bourgmestre a par contre réfuté l'idée qu'il y aurait eu pression politique pour privilégier certaines personnes. Audit Vlaanderen a clôturé cette semaine l'enquête qui lui avait été réclamée par les autorités de tutelle. Cette enquête sera transmise aux membres du conseil communal trudonnaire, qui disposeront du temps nécessaire pour l'étudier, avant la prochaine réunion prévue le 30 août en présence de l'auteur de l'audit, a indiqué le CD&V dans un communiqué, en plaidant pour une "transparence et une ouverture" totales dans ce dossier.

En fonction des résultats de l'enquête, le gouverneur du Limbourg, Jos Lantmeeters, remettra un avis au ministre flamand des Affaires intérieures, Bart Somers (Open VLD). Ce dernier pourrait infliger une sanction à Veerle Heeren: soit une suspension temporaire, soit un classement sans suite. Heeren avait fait un pas de côté le 10 mai, sous la pression de ses partenaires de coalition, la N-VA et l'Open VLD. Elle avait toutefois repris ses fonctions mi-juillet à Saint-Trond.

Doses excédentaires

L’incident s’est produit au début de la campagne de vaccination en Flandre. A l’époque, certaines villes et communes se retrouvaient par moment subitement avec des doses excédentaires d’un vaccin, certains citoyens ne s’étant pas présentés à leur rendez-vous de vaccination. Les doses étant dégelées, il fallait les administrer le jour-même, sous peine de devoir les jeter.

Qui avait le droit de bénéficier de ces doses ? Les personnes faisant partie de la catégorie de citoyens dont c’était le tour de se faire vacciner, ou des volontaires qui s’inscrivaient pour bénéficier de pareille opportunité ? Ce n’était apparemment pas stipulé aussi clairement dans toutes les communes. A Saint-Trond, la bourgmestre Heeren avait expliqué avoir été encouragée par le centre de vaccination à profiter d’une dose excédentaire, notamment parce que sa fonction implique de nombreux contacts avec d’autres citoyens. Mais elle aurait en outre donné les noms de plusieurs proches pour qu’ils puissent aussi recevoir une éventuelle dose excédentaire, avant que leur tour officiel de vaccination ne soit venu. Heeren parlait de 13 proches, dont son fils et sa sœur. L’affaire avait été révélée par un journaliste local.

"Le rapport d’Audit Vlaanderen conclut qu’il y a eu une faute déontologique grave", indique déjà Gert Stas, chef de fraction de Vooruit à Saint-Trond. "Nous voyons qu’il régnait un certain chaos au lancement du centre de vaccination. La bourgmestre a commis une erreur de déontologie à ce moment-là, en se faisant vacciner et une partie de son entourage".

Le rapport relève notamment l’absence d’un manager de programme au centre de vaccination. Le gouvernement flamand avait conseillé de créer pareille fonction, pour veiller notamment sur la distribution des doses excédentaires. "Lors de la création du centre de vaccination à Saint-Trond, on a décidé de ne pas travailler selon les règles imposées pour la Flandre".

D’après Gert Stas, ce serait la bourgmestre qui aurait suggéré de travailler différemment. "Les excédents ont ainsi été distribués à la carte. La bourgmestre en a profité pour se faire vacciner, ainsi que son entourage. C’est cela qu’Audit Vlaanderen qualifie de faute déontologique grave". Le rapport souligne encore que la bourgmestre a une fonction d’exemple, notamment en ce qui concerne le respect de la stratégie de vaccination.

Reste à voir si la bourgmestre pourra continuer à exercer ses fonctions après que le conseil communal de Saint-Trond se soit penché le 30 août sur l'enquête menée par Audit Vlaanderen. Les socialistes de Vooruit estime pour leur part que Veerle Heeren devrait se retirer.

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